Les écrans chez les enfants de 1 à 5 ans : bienfaits, limites et utilisation équilibrée
- Any Robillard

- 26 janv.
- 4 min de lecture

Les écrans font désormais partie du quotidien des familles. Télévision, tablette, téléphone intelligent ou ordinateur sont présents dans de nombreux foyers et attirent naturellement l’attention des jeunes enfants. Entre 1 et 5 ans, période clé du développement, plusieurs parents se questionnent : faut-il interdire les écrans, les limiter, ou apprendre à les utiliser autrement?
Plutôt que de diaboliser ou de banaliser les écrans, il est important de comprendre leurs effets, leurs avantages possibles et les risques associés, afin de faire des choix éclairés et adaptés à l’âge de l’enfant.
Le développement des enfants de 1 à 5 ans
Entre 1 et 5 ans, le développement de l’enfant repose principalement sur :– Le mouvement et l’exploration active– Les interactions humaines– Le jeu libre et symbolique– Le langage et l’imitation– Les expériences sensorielles concrètes
Tout outil, incluant les écrans, doit être évalué en fonction de son impact sur ces sphères essentielles.
Les bienfaits possibles d’une utilisation encadrée
Utilisés de façon occasionnelle, accompagnée et adaptée à l’âge, les écrans peuvent offrir certains bénéfices.
Ils peuvent soutenir le langage lorsqu’un adulte commente ce qui est vu à l’écran et échange avec l’enfant. Certaines applications ou contenus éducatifs favorisent la découverte de nouvelles notions, de chansons ou d’histoires. Les écrans peuvent aussi servir de support visuel pour illustrer un sujet ou prolonger une activité vécue dans le réel.
Dans certains contextes, comme un appel vidéo avec un proche, l’écran devient un outil de lien social et de communication.
Les risques et les dangers liés à une surexposition
Chez les jeunes enfants, une exposition excessive ou non encadrée aux écrans comporte plusieurs risques.
Les écrans peuvent nuire au développement du langage lorsqu’ils remplacent les échanges verbaux. Ils réduisent le temps consacré au jeu actif, essentiel à la motricité et à la régulation des émotions. Une surexposition peut également affecter l’attention, augmenter l’irritabilité et perturber le sommeil, surtout lorsque les écrans sont utilisés en fin de journée.
Chez certains enfants, les écrans peuvent devenir une source de surstimulation, rendant plus difficile le retour au calme ou l’acceptation de l’ennui, pourtant nécessaire au développement de la créativité.
L’importance de l’accompagnement adulte
L’impact des écrans dépend beaucoup de la façon dont ils sont utilisés. Un enfant laissé seul devant un écran n’en retire pas les mêmes bénéfices qu’un enfant accompagné par un adulte qui parle, explique et interagit.
Regarder ensemble, poser des questions simples, nommer ce qui se passe à l’écran et faire des liens avec la réalité permet de transformer un moment passif en expérience partagée.
Trouver un équilibre sain
Plutôt que de compter uniquement le nombre de minutes, il est utile de réfléchir à la qualité de l’utilisation. Quelques repères peuvent aider :
– Éviter les écrans avant le dodo
– Privilégier des contenus adaptés à l’âge
– Limiter l’utilisation quotidienne
– Favoriser les activités actives et les interactions humaines
– Offrir des alternatives attrayantes au jeu numérique
L’équilibre se construit dans la constance et la cohérence entre la maison et les milieux éducatifs.
Le rôle du parent comme modèle
Les enfants apprennent beaucoup par imitation. Un adulte constamment absorbé par son téléphone transmet, sans le vouloir, l’idée que l’écran est prioritaire. À l’inverse, montrer que l’on peut déposer son appareil pour jouer, lire ou discuter renforce des habitudes plus saines.
Être conscient de son propre usage est une étape importante pour guider celui de l’enfant.
Les écrans ne sont ni entièrement bénéfiques ni entièrement nuisibles. Leur impact dépend du contexte, de la durée, du contenu et de l’accompagnement offert à l’enfant. Entre 1 et 5 ans, le développement passe avant tout par le jeu, les relations humaines et l’exploration du monde réel.
En adoptant une approche équilibrée, réfléchie et bienveillante, les parents peuvent intégrer les écrans de façon limitée tout en préservant le bien-être, le développement et la curiosité naturelle de leur tout-petit.
Sources
Les informations présentées dans cet article s’appuient sur les recommandations de la Société canadienne de pédiatrie, de l’Organisation mondiale de la Santé, de l’Institut national de santé publique du Québec, de Naître et grandir et de l’Académie américaine de pédiatrie.
Société canadienne de pédiatrie
Position sur le temps d’écran chez les jeunes enfants
Recommande aucun écran avant 2 ans (sauf appels vidéo)
Entre 2 et 5 ans : maximum 1 heure par jour, idéalement accompagnée
Met l’accent sur l’importance des interactions humaines et du jeu actif
Source : Le temps d’écran et les jeunes enfants (SCP)
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Lignes directrices sur l’activité physique, le comportement sédentaire et le sommeil (0–5 ans)
Les écrans sont associés à une augmentation de la sédentarité
Impact négatif possible sur le sommeil et le développement global
Encourage le jeu actif et les interactions réelles
Source : Guidelines on physical activity, sedentary behaviour and sleep for children under 5 years of age
Institut national de santé publique du Québec
Développement global et habitudes de vie chez les jeunes enfants
Souligne l’importance du jeu libre, du mouvement et des interactions
Met en garde contre la surexposition aux écrans chez les tout-petits
Source : Dossiers Petite enfance et habitudes de vie
Naître et grandir
Articles vulgarisés pour les parents québécois
Effets des écrans sur le langage, l’attention et le sommeil
Importance de l’accompagnement parental
Recommandations pratiques adaptées à la réalité familiale
Source : Les écrans et les enfants – naitreetgrandir.com
Académie américaine de pédiatrie (AAP)
Research-based recommendations on media use
Insiste sur le contenu de qualité et la co-utilisation adulte-enfant
Souligne les risques liés à une exposition non encadrée
Source : Media and Young Minds (AAP)


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